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Centre Hospitalier d'Erstein > Pictocom > Éléments théoriques et principes d'utilisation des supports > La question de l’accès à la représentation symbolique

Qu’est-ce que la fonction symbolique ?

Selon J.Piaget, la fonction symbolique permet au sujet de se représenter mentalement et ainsi d’évoquer des objets, actions ou évènements en leur absence, en se servant de signes ou de symboles. La fonction symbolique témoigne de la capacité à différencier les éléments du réel de leurs représentants graphiques (dessin, écriture), linguistiques (mots), gestuels (signe « au revoir » par exemple).

La fonction symbolique se traduit par plusieurs conduites :

  • L’imitation différée
  • Le jeu symbolique
  • Le dessin
  • L’image mentale (acoustique, tactile, olfactive, visuelle, gustative)
  • Le langage

L’enfant va peu à peu développer la possibilité de passer d’une représentation à une autre d’une même réalité. Ce qui n’est pas sans difficulté pour bon nombre des enfants autistes, présentant un TED et/ou déficients que nous accompagnons.

Rem :
la question de la fonction symbolique est évoquée ici de manière succincte et sous le seul éclairage de J.Piaget. Nous vous invitons donc à compléter cet apport à partir de lectures plus récentes ou avec des éclairages théoriques un peu différents, mettant en évidence des capacités de représentation émergentes déjà chez les nourrissons construites à partir de l’articulation fine entre ses capacités physiques (systèmes visuel, auditif,…) et son engagement relationnel au sein de son environnement1.

1. Nous vous invitons à aller voir notre bibliographie

Pourquoi chercher à savoir si l’enfant accède ou non à la représentation symbolique ?

  • Pour pouvoir faire des hypothèses cliniques quant à la manière dont l’enfant appréhende son quotidien.
    En effet, avoir une certaine idée des possibilités symboliques de l’enfant, nous donne des indications sur sa perception de l’absence/présence, de l’espace, du temps, de sa propre image corporelle et de ce qu’il peut engager ou pas dans la relation à l’autre. Ces hypothèses permettent de soutenir les actions mises en place par les professionnels mais également d’accompagner les familles afin de s’ajuster au mieux à l’enfant.
  • Pour pouvoir communiquer avec lui.
    Si nous nous adressons à l’enfant, au quotidien, à partir de supports visuels trop complexes pour lui, il ne lui sera pas possible de comprendre ce que l’autre lui veut. Nos tentatives de communication seront alors mises en échec et viendront parfois même renforcer certains mécanismes de défense.

Comment estimer l’accès à la représentation symbolique ?

Les capacités de représentation, processus développemental, restent complexes à évaluer chez les enfants que nous rencontrons. L’évaluation par un psychologue et/ou un orthophoniste permettra d’avoir des éléments qui conduiront à la formulation d’hypothèses sur le niveau de compréhension et d’expression, le jeu, les capacités d’imitation, le rapport à l’objet avec le développement de la permanence de l’objet, des capacités prélogiques et/ou logiques comme le tri et l’appariement, etc… Parmi les outils utilisés, nous pouvons citer le test du COMVOOR (R. Verpoorten et al. 2012) qui vise à connaître le niveau de compréhension de l’enfant (dont le niveau de développement psychomoteur se situe entre 12 et 60 mois): que comprend un enfant de son environnement, qu’en perçoit-il et quelle signification y attribue-t-il ? Comprend-il ce qui est représenté sur une image ou un pictogramme…? L’associe-t-il correctement à tel ou tel objet ? Ce test contribue à développer une communication adaptée selon les compétences de représentation de l’enfant.

Or, si l’enfant n’accède pas encore à la permanence de l’objet, les objets ou images utilisés n’auront pas une valeur symbolique mais une valeur de signal et l’enfant a alors besoin de percevoir les supports choisis dans la situation concrète pour qu’ils prennent sens (l’enfant peut pointer un verre afin de boire, il comprend la signification fonctionnelle du verre mais il n’est pas en capacité de faire le lien entre l’objet ou l’image et ce qu’il représente) ; s’il accède, entre autre, à la permanence de l’objet, il comprendra que l’objet verre ou la photo d’un verre se réfère, représente l’action de boire, le support aura alors véritablement valeur de symbole.

Une fois l’estimation faite, que mettre en place ?

Mettre en place un système de communication adapté aux capacités de l’enfant à partir de supports qui lui sont compréhensibles afin de l’aider à comprendre son environnement et à exprimer ses désirs.

Cela va de l’objet réel (support des représentations : c’est lui que l’on photographie, dont on parle,…) au mot écrit en passant par la photo, le dessin, le pictogramme.
A savoir qu’il existe différents types de représentations visuelles :

  • Représentation concrète ou analogique : l’objet est représenté tel qu’il est (photo)
  • Représentation abstraite : schéma simplifié de l’objet qui reprend quelques caractéristiques (dessin, pictogramme plus ou moins figuratif)
  • Représentation symbolique : il n’y a aucun rapport entre le symbole et l’objet. Le signe est arbitraire (langage oral, écrit ou signé).


A noter que cela soit pour la photo, le dessin ou le pictogramme, les possibilités de représentation vont du plus simple au plus complexe : par exemple, une photo en couleur avec un objet quotidien, des contours précis et sur fond neutre sera plus facile à comprendre qu’une photo avec de nombreux objets devant un arrière-plan complexe, idem pour le dessin, le pictogramme.