19° Semaine d'Information sur la Santé Mentale (2008)

Maladies psychiques & isolement
Mardi 13 mai dernier s'est tenue la dernière conférence-débat organisée dans le cadre de la 19° Semaine d'Information sur la Santé Mentale, en clôture d'une programmation très riche de rencontres dans tout le Bas-Rhin.
Cette année, le Centre Hospitalier d'Erstein s'est associé aux acteurs principaux de la santé mentale du département, l'Etablissement Public de Santé Alsace Nord (EPSAN) et les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS), ainsi qu'aux associations d'usagers et de familles Aube, Route Nouvelle Alsace et Unafam pour tenter de répondre à une question urgente pour notre société : comment lutter contre l'isolement affectif et social qui accompagne souvent les maladies psychiques ?
Un isolement difficile à combattre
De nombreuses maladies psychiques se caractérisent par un isolement progressif de la personne vis-à-vis de monde qui l'entoure : dépressions, schizophrénie, anorexie... L'isolement, est aussi un facteur de risque connu pour ce type de troubles. Du fait des préjugés liés à ces maladies, ce sont non seulement les patients mais aussi leur entourage qui se retrouvent isolés. Isolement affectif et isolement social se renforcent mutuellement, dans une société qui laisse peu de place à la vie collective.
Rompre l'isolement
C'est l'objectif de la Semaine d'Information sur la Santé Mentale mais également le cheval de bataille des professionnels et des associations d'usagers et de familles.
Il s'agit d'abord de faire connaître les troubles psychiques, de lever les tabous sur ces maladies qui nous touchent tous de près ou de loin, de parler de cet isolement afin de comprendre le cercle vicieux qu'il génère... Les premiers pas pour mener la société à se montrer plus tolérante et solidaire envers ces êtres humains qui souffrent d'un maladie comme les autres mais souvent effrayante car méconnue.
Les actions concrètes
Et puis la sensibilisation laisse place à l'action. Que fait-on concrètement pour pallier cet isolement ?
L'équipe du Centre de Jour de Lingolsheim a choisi d'ouvrir ses portes au public pour montrer tout le travail réalisé autour de l'autonomisation du patient afin qu'il puisse retrouver une vie sociale normale et prendre du plaisir à vivre malgré la maladie. Le public a pu découvrir une structure ouverte sur l'extérieur grâce à divers ateliers (écriture, peinture, cuisine, théâtre...) et aux multiples sorties organisées durant l'année. Les soirées projections-débats ont permis au public de découvrir le projet belge Radio Schizo, une radio créée par un groupe de jeunes schizophrènes désireux de faire connaître leur maladie en essayant de la comprendre eux-mêmes. Une belle façon de se serrer les coudes pour simplement arriver à vivre avec la maladie.
Et enfin, à l'occasion des différents débats et notamment mardi soir à la salle de la Bourse de Strasbourg, les professionnels de la santé mentale et les associations ont présenté leurs actions.
L'Unafam 67 (Union Nationale des Familles et Amis de Malades Psychiques) accueille, écoute, soutient et accompagne les proches de personnes souffrant de troubles psychiques.
Aube (Aide et Union aux Blessés de l'Existence) est une association de patients, aujourd'hui appelés "usagers de la santé mentale" qui propose des activités diverses pour garder le contact avec l'environnement social. A l'instar de l'association Route Nouvelle Alsace, Aube a créé un GEM (Groupement d'Entraide Mutuelle) afin de lutter contre l'isolement et l'inactivité des personnes fragilisés par la maladie psychique. Echanger avec les autres, s'informer mutuellement, s'entraider, lutter contre l'isolement, prévenir l'exclusion... ou la simple volonté de trouver sa place dans un lieu convivial, en lien avec la vie de tous les jours.
Les psychiatres quant à eux ont souligné le travail des établissements de santé mentale sur le plan de la réhabilitation psychosociale des patients mais aussi l'objectif commun de favoriser le travail en réseau pour apporter une réponse globale à la problématique de l'isolement. L'exemple de l'équipe mobile psychiatrie-précarité du Bas-Rhin a d'ailleurs montré qu'il y avait le potentiel et l'envie de mettre en place des actions de terrain. Beaucoup de choses restant évidemment à faire...
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